Où sont passé mes 20 ans ?

“Ah…on a plus 20 ans”, “ils sont bien loin mes 20 ans…”, disent souvent les anciens avec nostalgie…

Je ne fais pas encore partie de la catégorie des “anciens”, mais je ne suis pas du tout nostalgique de cette période de ma vie. C’est grâce à toi Christelle que j’ai voulu m’y replonger un peu. Pour mesurer le chemin parcouru, mais aussi et surtout pour mieux te comprendre.

Ça me paraît tellement loin que j’ai l’impression que c’était une autre vie.

Celle que je suis aujourd’hui n’est plus du tout la même que “Marie à 20 ans”.

 

A 20 ans, j’étais révoltée ! Un peu moins qu’à mes 15-16 ans (quoi que…), mais révoltée quand même ! Je ne comprenais pas les injustices dans le monde. Je ne comprenais qu’il puisse y avoir autant de violence. Est-ce que l’on peut comprendre cela un jour ? Je ne pense pas. Mais on peut tous semer des graines de douceur et d’amour à notre façon je crois.

A 20 ans, je vivais en couple avec un homme de 30 ans de plus que moi. Avec le recul, je me demande si je ne suis pas tombée dans ses bras par esprit de rébellion, en mode “je fais ce que je veux de ma life d’abord !”

D’ailleurs, à 20 ans, je me suis fâchée avec (presque) toute ma famille ! Je me suis sentie tellement trahie. Enfin… je me suis fâchée avec les grands. Les adultes qui, encore une fois, ont préféré les non-dits… Carnage. Colère. Incompréhension. J’ai tenté de garder tant bien que mal le contact avec mes frères et sœurs plus jeunes qui n’y étaient pour rien dans cette histoire. Je les appelais de temps en temps sur MSN (oui, ça date…). Je n’ai pas beaucoup de regrets dans ma vie, car je suis convaincue que toutes les expériences sont là pour nous faire grandir. Pourtant, je regrette d’avoir fait du mal sans le vouloir. Je sais que tu en as pleuré Christelle, que notre lien soit brisé par la connerie des adultes. Je suis en partie responsable de cela.

A 20 ans, et pas seulement à 20 ans… j’étais extrémiste. Extrême dans mes choix. Extrême dans ma vision de la vie. Ce n’est que très récemment que j’ai appris à être plus nuancée.

 

A 20 ans, et même avant, et même après… j’ai eu régulièrement envie de prendre mon sac à dos et de me barrer à Madagascar ! Parce que le monde était pourri, que les adultes ne comprenaient rien à rien et que les gens faisaient n’importe quoi sans se rendre compte qu’on marchait sur la tête ! Évidemment, c’est bien connu que se barrer à l’autre bout du monde résoudra tous les problèmes… hum… hum… Résultat, je ne suis jamais partie à Madagascar et aujourd’hui, ça m’est passé.

A 20 ans, j’étais terrorisée de dépendre d’un homme ou de me sentir redevable de quoi que ce soit envers autrui, alors même si tu voulais me payer un café, je pétais un câble et faisais tout un foin pour me le payer moi-même. Par contre, ça ne me dérangeait pas le moins de monde de te payer le tien ! Donner, OK. Recevoir, non merci. Cherchez l’erreur…

 

A 20 ans, je voulais sauver le monde !

J’ai très longtemps voulu sauver le monde… Pendant des années, je me suis épuisée à vouloir sauver des gens qui n’avaient pas envie d’être sauvés. Plus tard… j’ai compris. Bien plus tard…

 

“Soit le changement que tu veux voir dans le monde”, disait notre cher Gandhi.

 

A 20 ans et quelques années, et encore bien longtemps après ma rupture (de mon plein gré, en mon âme et conscience, je précise !),  j’ai déclaré que “plus jamais de la vie, je ne vivrais avec un homme !” J’ai bassiné tout le monde avec ça. Ça fait seulement 3 ans que je me suis “débornée” de cette idée fixe.

A 20 ans, et aussi bien avant et bien après, je prônais l’indépendance (l’individualisme en fait ? Je ne sais plus trop bien…) et j’étais super bornée à toujours vouloir me débrouiller par moi-même en mode “j’ai besoin de personne”.

A 20 ans, j’ai décroché mon premier et dernier « Saint-Graal », le fameux CDI auquel je me suis accrochée pendant 7 ans. Il fut un temps où ça m’a convenue. J’ai beaucoup appris de cette expérience même si à l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas envie de la renouveler.

A 20 ans, j’étais déjà une rebelle dans l’âme.

 

A 20 ans et des poussières, j’ai vécu une grande histoire d’amour avec mes motos : une 600 Hornet pour la route et une autre pour la piste. Motarde un jour, motarde toujours ! Même si en ce moment, je n’ai plus de moto, un jour viendra où je remonterais sur une belle monture.

 

A 20 ans, j’étais bien loin d’imaginer la vie que je vis aujourd’hui. J’étais tellement révoltée que je n’avais pas vraiment l’ouverture de conscience à rendre cela possible.

 

A 20 ans, je crois quand même qu’une part de moi bien enfouie, rêvait d’un monde meilleur et d’une belle histoire d’amour. Mais c’était impossible, inatteignable, utopique. Le monde des adultes avait l’air tellement compliqué.

A 20 ans, je pensais que je serais coiffeuse toute ma vie jusqu’à ma retraite. Quoi faire d’autre de toute façon ? Et puis faut bien gagner des sous hein !

A 20 ans, je prenais la pilule depuis déjà 5 ans et j’ai continué à la gober au moins autant de temps !

A 20 ans, j’avais les cheveux roses. Quand est-ce qu’ils sont devenus bleu ? Ça fait un an déjà ? Je ne sais plus.

A 20 ans, j’en avais marre d’être la petite Marie gentille et parfaite alors je me suis blindée.

 

A 20 ans, je croyais tout contrôler alors qu’en vrai je ne contrôlais rien du tout. Ce n’est que très récemment que j’ai lâché le contrôle. Et encore… même si je crois que je l’ai complètement laissé tomber, le masque du contrôlant ne doit pas être bien loin si un jour j’en ai besoin. Je te conseille le livre « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même” de Louise Bourbeau. Ça t’aidera à être plus douce avec toi. Toutes ces fois où tu n’es pas vraiment toi, ce n’est qu’une manière de te protéger. Arrête de te flageller s’il te plait. Tu fais ce que tu peux avec les moyens que tu as.

A 20 ans, je rêvais ma vie. Maintenant, je vis mes rêves.

 

Ah… mes 20 ans… ils font partie du chemin qui m’a mené à celle que je suis aujourd’hui. Je ressens beaucoup d’amour et de compassion pour cette Marie que j’étais à 20 ans. Révoltée et blessée par la vie, elle a toujours porté beaucoup de joie et d’amour en elle finalement. Même si très souvent, elle a sourit pour cacher sa tristesse…

 

Moi aussi, on a toujours dit de moi que j’étais un soleil, chère Christelle.

 

Moi aussi, on a longtemps vu de moi, que la « petite Marie parfaite et gentille”.

 

Tu sais, cette lumière que nous portons en nous, c’est notre grande force. Alors même si nous traversons parfois nos ombres dans la douleur, notre lumière est puissante. Ne laissons jamais personne éteindre cette flamme qui brûle en nous, cette puissante énergie de vie qui nous donne la force d’être qui nous sommes et de contribuer à notre échelle.

Nous n’avons pas besoin de validation extérieure ou de partir à l’autre bout du monde pour trouver les réponses. Les réponses sont à l’intérieur de nous.

 

Je comprends que tu sois effrayée par ce monde dans lequel nous vivons, je comprends que tu sois en colère contre les gens qui ne “voient” rien. Mais tu sais, la meilleure chose que nous avons à faire, c’est d’être douce envers nous-mêmes, de nous aimer et de nous accepter telles que nous sommes. “Rien que ça”, c’est déjà beaucoup.

 

Je suis si heureuse de co-créer ce beau projet avec toi, pour ouvrir la voie à toutes les femmes en chemin dont nous faisons partie.

 

Chère femme en chemin qui nous lit, sens-toi libre de partager ton ressenti en commentaire de cet article. Nous avons vraiment à cœur avec Christelle, de créer une communauté bienveillante de femmes en chemin. Une communauté basée sur l’authenticité et le partage.

 

Si tu as l’élan d’aller plus loin, si un de nos articles a fait écho en toi et que tu souhaites partager ton histoire plus largement, nous t’ouvrons cet espace. Envoie-nous ton témoignage de vie et nous le partagerons sur le blog. “Femmes en chemin” ne se résume pas à Christelle et moi. Nous sommes toutes en chemin et plus nous serons nombreuses à ouvrir la voie, plus nous contribuerons à la guérison du monde.

 

Je t’envoie plein, de douceur et d’amour.

 

Prends soin de toi.

 

Marie.

 

Marie se met en scène en mode mamie
Marie en mode « mamie » – novembre 2018 – Crédit photo : Marie Guibouin

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