Manger et se faire manger

Manger.

Se faire bouffer.

Se faire ronger de l’intérieur.

Manger cher.

Ouais, manger, dans tous les sens du terme…

 

Ça a commencé par les émotions, un peu comme tout en fait. La source initiale, je l’ignore, mais dès très jeune je me transforme en sourire ambulant qui se retient de pleurer lorsqu’elle reçoit un ballon en pleine tronche dans la cour de récréation. Ou qui n’envoie pas chier car ça ferait trop kiffer l’autre. C’est un modèle très fort que j’ai eu. Mais aujourd’hui je ne suis plus en accord avec ça.

 

J’ai fait des tentatives :

J’ai pleuré dans ma chambre bébé, sans que l’on vienne près de moi jusqu’au moins je ferme l’œil.

J’ai dit des choses, tenté d’instaurer, d’initier… d’exprimer, sans que cela ne porte ses fruits.

J’ai écrit des lettres, et on m’a répondu « Tu écris bien »…

 

Je me suis supprimée, annulée, annihilée. Cancel, Christelle !!!

 

J’ai toujours eu, et j’ai encore, ce sentiment de devoir rééquilibrer le tout.

 

Mes parents dépensaient plus d’argent qu’ils disaient en avoir, pour nous nourrir, nous vêtir, nous faire plaisir. J’ai reculé devant ça, j’ai laissé les plus beaux fruits pour mes frères et soeurs. Et pour les fringues ou autres demandes, j’attendais d’être sûre à 100% et d’avoir vraiment besoin.

 

Et puis un jour j’ai boycotté. Toutes ces émotions inentendues, ces expressions réprimées, ces ignorances de mes sens, je… tout ça s’est retenu dans mon ventre. J’ai décidé alors de prendre ma vie en main, de gérer, de faire de mon mieux, de CONTRÔLER bordel de merde. Encore plus !

Alors mes assiettes sont devenues de plus en plus légères, mon corps se désagrégeait et puis… à l’intérieur de moi le poids était de taille, condensé, concentré, douloureux. Un poids émotionnel, un poids d’envies, un poids de vie, retenu de mes cris.

 

L’étincelle était toujours là. C’est pour cela que j’écris.

 

 

Je comprends soudain que je me rajoute un problème à régler, qui prend le dessus sur la cause principale… mais au moins on avait vu, on avait reconnu mon mal-être et, j’avais trouvé la force.

La force de dire vraiment ce que je voulais dire, et peut-être ainsi d’atteindre davantage de monde.

Et finalement, là n’était plus la question.

 

Ici je m’étais opposée, retenue, certes.

MAIS j’avais donné le pouvoir aux autres de m’éteindre. Je ne leur ai pas craché à la gueule, je n’ai pas fait de regard noir, je n’ai pas frappé, je n’ai pas grondé.

Non, à la place j’ai sombré, j’ai inquiété plus que je l’imaginais et j’ai plongé. J’ai compris à quel point le monde faisait de son mieux et je l’ai pardonné. Enfin je me suis fait bouffer quoi.

 

Et j’ai encore beaucoup de travail. Pour me remodeler, pour exister, être. Aujourd’hui.

 

Les gens ne devineront pas pour moi.

Fermer ma bouche est clairement égoïste.

J’ai des choses à dire.

J’ai ma place quoi qu’il advienne.

Vaille que vaille.

 

De toute façon sinon, autant m’exterminer totalement. Mais attendons encore un peu, parce que j’y crois, parce qu’il y a toujours de l’espoir, parce que l’étincelle je la sens, parce que des gens m’aiment pour de vrai, parce que merci, parce que j’ai déjà su tomber et me reveler.

 

Comprendre que mon corps est le récipient d’une âme qui fait clairement avancer le monde, qui choisit, qui avance… comprendre que les relations et la communication font grandir, s’épanouir, se réjouir enfin de vivre.

 

Oui, on me crachera sur la gueule dans les moments où je m’y attendrais le moins. On me chiera dessus sans pitié. Bien sûr qu’on m’en voudra, que moi aussi je m’en voudrais, que j’aurais mal. Même qu’y a des gens qui détruiront systématiquement ce pour quoi j’offre mon énergie pour bâtir. Peut-être même que parfois je tomberais encore plus bas que si je n’avais rien tenté. Évidemment je vais provoquer la création d’une meute de gens qui vont faire une association exprès contre moi, même qu’y aura la police en son sein ! Bien sûr, je me ferais même à nouveau dévorer par des gens, que pour compenser le tout je ferais des crises de boulimie et que mon corps les rejettera.. ou pas. Peut-être même que je vais devenir chauve et sans dent. Et que y aura une émission créée sur-mesure pour souder et réunir les gens qui ont comme rêve de me lancer des pics. Ouaaais. Et je me sentirais parfois totalement perdue, et j’aurais peur de parler aux inconnus, et j’aurais peur de revenir vers quelqu’un de connu. Et puis merde, si ça se trouve je vais encore mourir dix fois ! Que je vais arrêter de danser, de chanter, d’essayer. Pire encore… peut-être que je vais arrêter de croire, de penser, de réfléchir. Peut-être que je vais tout regretter. Je vais blesser, décevoir, vider tout mon stock de morves et d’eau salée. De sang, de salive, de sueur. Je serais essoufflée, je n’en pourrais plus, je retomberais encore plus bas, plus profond, dans plus de noir et de froideur… Peut-être que je vais tellement souffrir que je vais m’arracher volontairement un doigt et rigoler en même temps. Et peut-être que je vais dire à des gens des choses que je regretterais pour absolument tout ma vie et l’infini.. puis si ça se trouve, Tr **** ump va me violer.

 

Mais est-ce que tout ça, rien que ça, ça ne vaut pas à fond le fait d’avancer vers la vie de mes rêves ?????????!!!!!! Est-ce que tout cela ne vaut pas la libération et l’autonomie, les voyages magiques, l’apprentissage? Est-ce que ça ne vaut pas toutes les fois durant lesquels je serais tellement connectée à mes émotions que OUI je vais finir par m’aimer moi le plus au monde ? Est-ce que tout cela ne vaut pas cet alignage parfait vécu même UNE SEULE FOIS fois, où mes croyances, émotions et actions seront accordées. Non mais rien que ça en fait, ben ça vaut tout le rejet du monde entier, toute l’eau salée de mon corps, toute ma bile.

 

Et puis normalement j’aurais toujours de l’oxygène à disposition et quelques connexions neuronale, et un petit gramme de foi…

 

Christelle !

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Conscience et Nourritures – Crédit Photo : Marie Guibouin

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