Est-ce indécent d’être heureuse dans un monde si violent ?

Le mardi 30 avril 2019 à 13H44, nous avons reçu le témoignage anonyme d’une de nos lectrices qui nous a bien secoué ! Christelle n’a pas réussi à le lire et moi, j’ai eu envie de vomir et de pleurer en même temps. Je n’ai fait ni l’un ni l’autre. J’ai tenté de prendre du recul, de ne pas me sentir impliquée. Parce que ce n’est pas mon histoire. Puis j’ai laissé un peu traîner… Franchement, je ne savais que faire de tant de violences.

J’ai dit à notre auteure anonyme qu’il faudrait remodeler certaines parties, que ce n’était pas publiable, qu’on allait se faire censurer. Je lui ai même proposé mon aide, mais je n’ai pas réussi à toucher à un seul mot de son texte. Comment j’aurais pu « résumer » cela. Enlever des mots. Changer des phrases. Enlever de la substance à une histoire qui ne m’appartenait pas. Alors… j’ai laissé traîner. Je me suis dit que ça viendrait sûrement. Et puis j’ai oublié. J’ai littéralement OUBLIE. Je l’ai effacé de mon cerveau. J’ai laissé cette histoire dans un coin ne sachant pas quoi en faire. Je n’assumais clairement pas de la publier. Christelle suggérait de changer le titre pour « Addiction sexuelle ». Moi j’appelle clairement ça du viol. Je crois que c’était trop pour moi…

C’est un sujet qui me touche d’autant plus, car je fais partie d’une lignée où les femmes ont été humiliées, violées, maltraitées, abusées. Ça me fout la gerbe franchement ! Je me souviens de ma révolte dans mon cœur d’adolescente lorsque j’ai appris que deux de mes tantes se sont fait violer par leurs propres frères ! J’avais la rage ! Surtout qu’on leur aurait donner le bon Dieu sans confession à ces deux là… Les apparences sont parfois bien trompeuses… Elles ont porté plainte mais c’était « trop tard ». Il y avait prescription. Le violeur acquitté. Je me souviens en avoir parlé sur des forums à l’époque tellement j’étais en colère !

Plus tard, d’autres histoires sont arrivées à mes oreilles. Il faut que cela cesse. Ce n’est plus possible. Je n’ai jamais subi ce genre de violences mais c’est clair que j’avais une dent contre les hommes ! Enfin… à 13 ans, j’ai reçu des menaces de viol de la part d’un gars de deux ans de plus que moi avec qui je prenais le car pour aller au collège. Ce n’est resté qu’au stade des menaces alors j’avais minimisé les choses. C’était pas si grave par rapport à tout ce que j’entendais autour de moi. Mais en fait si, c’était grave. Même ça, ce n’est pas tolérable.

Il y a quelques années, j’ai fait une consultation en kinésiologie. J’avais besoin de comprendre pourquoi toutes mes relations avec les hommes suivaient le même schéma. J’étais celle qui voulait tout contrôler (alors qu’en vrai je contrôlais que dal avec le recul…). Systématiquement, je « tombais » sur des hommes « à sauver ». Et quand j’avais fini de les sauver, c’est moi qui me sauvait en courant. Cette histoire de mes 13 ans était ressorti en kinésiologie. A ce moment là, dans mon cerveau, ça a fait « homme = danger ». Ça expliquait beaucoup de choses.

Ce témoignage d’une de nos lectrices me renvoie de plein fouet à ma mission : œuvrer pour la guérison du féminin. C’est ce que je me sens appelée à faire depuis mon plus jeune âge.

Tout à l’heure, je regardais ma fille et j’ai eu les larmes aux yeux. Jamais je ne supporterais qu’elle vive cela. Il est temps que toute cette violence cesse. Il est temps…

En travaillant sur mon féminin et sur le transgénérationnel, j’ai guéri de nombreuses blessures. Les miennes et aussi celles de mes ancêtres. Je suis heureuse d’avoir fait ce travail avant ma grossesse. J’ai la sensation d’avoir contribuer à couper ces schémas de violences à répétition, qui perduraient depuis bien trop longtemps, de génération en génération…

J’ai bien conscience que je ne guérirais pas le féminin sur toute la planète à moi toute seule. J’essaie de faire ma part, un jour après l’autre, avec les moyens que j’ai. Même si parfois j’ai la sensation que ce n’est qu’une goutte d’eau. Je me souviens que c’est grâce à toutes ces gouttes d’eau réunies que ce sont crées les océans.

Si j’ai été de nombreuses fois tourmentée par le passé, aujourd’hui je mène une vie heureuse et équilibrée. La plupart du temps, je me sens loin de toute la violence du monde. Égoïstement, je ne regarde plus la télévision depuis une quinzaine d’années et je ne me tiens pas plus que ça au courant des infos. Honnêtement, ça m’a sauvée. Je crois que je n’aurais jamais entrepris le quart de ce que j’ai entrepris jusqu’à maintenant si j’étais sans arrêt plombée par les médias qui s’appliquent à maintenir leur audience dans la peur et dans l’incitation à consommer des trucs dont elle n’a pas besoin.

Je ne dirais pas que je suis dans le déni de la misère du monde. Mais le monde n’est pas que « misère ». La violence est partout certes. L’amour est partout aussi. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Il n’y a pas de lumière sans ombre.

J’ai décidé d’agir à mon échelle en faisant chaque jour de mon mieux. Je suis loin d’être parfaite et je ne le serais jamais.

Tout ça pour dire que j’ai longuement hésité à publier le témoignage de notre lectrice anonyme. Je croyais que ça faisait un mois, mais en fait non, ça en fait deux. Alors quand elle m’a relancée hier, je lui ai partagé mon ressenti. Je ne savais vraiment pas par quel bout prendre les choses. Je sais à quel point cela lui a demandé du courage d’écrire tout ça et de le partager au monde.

 

Je sais que ses mots sont choquants.

Je sais que son histoire est révoltante, dérangeante… malsaine.

C’est pour ça que son article est protégé par mot de passe (qui a été partagé uniquement sur notre compte instagram).

Partager son histoire a été un pas de plus vers sa guérison. Je ne souhaite à personne de vivre cela.

Tout à l’heure, je regardais ma fille rire avec son papa. J’avais les larmes aux yeux, chamboulée par ce témoignage et en même temps, j’étais heureuse. Ça fait toujours bizarre de vivre deux émotions simultanément. Je me sens tellement chanceuse d’être entourée des deux amours de ma vie. Même si je sais que ce n’est pas une histoire de chance. Si je vis une vie si paisible aujourd’hui, c’est parce que j’ai choisi d’aller de l’avant, de passer au-delà de mes peurs, de mes propres jugements et de ceux d’autrui. Ça ne veut pas dire que je vis H24 dans le monde des Bisounours. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres. Mais globalement, je peux dire que je suis HEUREUSE.

Une fraction de seconde, cette pensée m’a traversée : « est-ce indécent d’être heureuse dans un monde si violent ? »

Puis l’instant d’après : « si je ne propage pas ces ondes d’amour, qui le fera à ma place ? »

Alors toi qui me lit, je t’envoie de l’amour. Tout le monde a besoin d’amour. Maintenant que j’ai réussi à m’en donner à moi-même et à le diffuser autour de moi, je le laisse déborder jusqu’à toi.

Prends soin de toi.

Prends soin de toi en premier.

Respecte-toi.

Fais en sorte que l’on te respecte.

Donne-toi de l’amour.

Donne-toi de l’amour en premier.

Quand ton cœur sera comblé, laisse cet amour déborder de toi.

Et rayonne.

Laisse rayonner ta lumière au-delà de toi.

Et vis.

Vis chaque seconde de ta vie intensément.

Pleure, ris, chante, joue, crie, ose, rêve, pleure à nouveau, ne retiens jamais tes larmes qu’elles soient de tristesse ou de joie.

Va, vis, rêve, ose, aime.

Et quoi qu’il arrive, choisis-toi en premier.

Je t’envoie plein d’amour, de douceur et de lumière…

Marie.

PS : tu as le droit d’être heureuse. Le monde a besoin de gens heureux.

Une réponse sur “Est-ce indécent d’être heureuse dans un monde si violent ?”

  1. Ohh lala que dire après avoir lu ce témoignage…. si bouleversant et poignant. Tout au long que je lisais, je me disais mais pourquoi ? J’essayais de comprendre…. C’est vrai que je suis tellement loin de cette violence. Je sais que ça existe , mais j’ai du mal à me le représenter. C’est une vraie claque dans la figure.

    Marie tu fais vraiment un travail incroyable et essentiel. Toutes les femmes et les hommes devraient être amenés à guérir leurs blessures pour se libérer. Et ça commence par l’enfance et la puberté. Il devrait y avoir une éducation sexuelle éthique. Pas un discours froid de fais ce que tu veux mais protège toi.

    Les jeunes hommes doivent apprendre et comprendre les femmes. Savoir que la sexualité se pratique à 2 et exige du respect des 2 parties. Les jeunes femmes doivent être encouragée à se respecter et à exigée d’être respecter. Mais au final je pense que ça va bien au delà de ça. Dès l’enfance, le respect et le consentement devrait être à l’honneur.

    Ce témoignage est un 1er pas vers la guérison. Bravo! Je ne sais pas si l’auteur verra ce commentaire mais je l’encourage à aller chercher toute l’aide dont elle a besoin et lui souhaite une belle guérison et beaucoup d’amour.

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