De la conception à l’accouchement

Je ne pensais pas qu’un jour je raconterai ces moments de ma vie. Deux moments qui marquent un virage dans ma vie de femme. La mise au monde de deux enfants. Leur venue n’a pas été programmée.

Je n’ai jamais dit à moi-même ou à mon conjoint “Tiens ! Et si on faisait un bébé ?”.  J’ai accueilli les deux grossesses comme une agréable surprise.

 

Pour l’aînée, un jour, j’ai senti qu’il y avait quelque chose à l’intérieur de moi. Quelque chose comme logé dans un recoin de mon intérieur et que je n’arrivais pas à reconnaître. Je pensais à des ballonnements ou autres désagréments de ce genre, mais quand même, c’était tout autre. C’était la première fois où la possibilité d’être enceinte m’a traversé l’esprit.

À cette époque, même si je ne prenais aucun contraceptif depuis 6 ans, je ne prêtais aucune attention à mon cycle menstruel. Je ne m’étais même pas aperçue d’un quelconque retard dans mon cycle. Juste un quelque chose pas comme d’habitude. Surtout que depuis 4 mois, je m’entends encore dire, que je ne voulais pas d’enfant.

Après rendez-vous chez le médecin-traitant, une ordonnance et prises de sang plus tard, la confirmation. Un petit être grandissait en moi.

Mis à part une sciatique présente quasi tout du long de la grossesse, tout s’est bien passé.

Puis en ce beau jour férié de mai 2010, c’est repas copieux en plein air. Le lendemain, la journée se passe, bien. Puis la nuit suivante, une envie de faire pipi me réveille. Et là, ce n’était pas un pipi, c’était la poche des eaux qui venait de rompre. S’en est suivi les premières contractions. Il était 00h30, le 25 mai 2010. J’ai pu dormir le reste de la nuit malgré les contractions. Sur le matin, elles étaient plus fortes mais largement supportables. C’est vers 12h30 qu’elles ont commencé à se rapprocher. Comme c’est un Accouchement à Domicile qui est prévu, mon conjoint appelle la Sage-Femme. Rien. Pas de réponses.

Le travail se poursuit tranquillement. Je ne m’inquiète pas, je suis préparée pour le faire à Domicile. La Sage-Femme répondra après sa pause déjeuner me dis-je. À 14h, toujours pas de réponses. Mon conjoint laisse un message. Tout est prévu si nous devons nous rendre à la maternité. Tout se passe bien et en toute quiétude.

N’ayant toujours pas de réponses, c’est vers 17h00 que nous décidons de partir pour la Maternité. Les contractions se rapprochent, beaucoup, et je sens le bébé qui commence à descendre. Je suis dedans. Je ressens chacun de ses mouvements. Je l’accompagne par le souffle à chacun d’eux. Pendant ce temps, mon conjoint charge les affaires dans la voiture et revient dans la chambre pour m’accompagner à la voiture. Il ne m’y trouva pas. Hahaha ! Je m’étais déjà levée pour m’installer au salon faire une pause. Je m’habille comme je peux car être debout m’est difficile. Au moment où il monte à l’étage pour venir me chercher donc, j’étais déjà entrain de m’installer dans la voiture. Nous nous sommes croisés de peu comme on dit. Je me rappelle de cette scène comme hier. Je l’entendais m’appeler mais tellement j’étais dans le rythme et la gestion des contractions que je ne pouvais lui répondre. Lorsque l’on parle de ce moment avec notre fille aînée, on se marre à chaque fois. C’est un beau souvenir gravé à jamais.

Ensuite, ce qui se passe jusqu’au moment où je tiens ma fille pour la première fois dans les bras, je n’ai quasiment rien vu. Rien vu car pendant tout le reste de l’accouchement, j’avais les yeux fermés. En arrivant à la Maternité, c’est en fauteuil roulant que je suis amenée à la salle de préparation. Impossible de tenir debout. J’ai les jambes qui flageolent. Je veux être vite allongée pour accompagner le bébé dans son passage. Même ouvrir les yeux m’est impossible. Je suis dedans.

Peu de temps après, il est déjà temps d’être installée en salle d’accouchement. Il a fallu près d’1h30 pour que le bébé sorte. Je me rappelle entendre la Sage-Femme dire que c’est l’accouchement le plus silencieux auquel elle assiste. C’est vrai ! Je suis là, allongée les pieds dans les étriers car c’est ainsi que je me sens disponible pour accompagner le bébé. Pas un mot, pas un cri. Je suis allongée dans le silence. J’ai ressenti chacun de ses mouvements pour glisser et ma respiration était synchronisée. Après quelques dernières grosses poussées, bébé est né. Nous sommes toujours le 25 mai 2010. Il est 19h55.

 

Pour le cadet, j’ai su ! J’ai su à l’instant même qu’il y a eu fécondation. Cette fois-ci, je connaissais mon cycle et dès les premiers jours de retard, la confirmation de ce moment magique où j’ai su.

Avec l’échographie, il n’était plus question de douter. Au retour de cette échographie, j’ai fait la blague à mon conjoint qu’il y avait 2 fœtus. Je me rappellerai toujours de sa tête ! 😁

L’échographie suivante, on jouait le jeu des devinettes et intuition : fille ou garçon ?  Jusqu’au matin même je croyais fortement que ça serait une fille et, puis durant la nuit, j’ai su que c’était un garçon. L’échographie le confirma.

Ce qu’il y a de plus magique, c’est que ce petit d’homme qui grandissait en moi, m’a une nuit emmené dans l’une de ses vies et m’a montré la couleur principale de son aura. Une aura magenta.

Il m’en a fait voir ce petit. C’était le 1er juin et déjà il semblait vouloir naître ! Perte d’eau, contractions… N’ayant pas durée plus que ça, ce n’est que le lendemain que je me suis présentée à la Maternité. Après plusieurs tests, ce n’était qu’une fausse alerte. Ok ! Mais c’était quoi ce liquide et ces contractions ? Tout ressemble a des signes d’un début de travail mais ce n’en est pas un !? J’ai fais mes recherches. Cela s’appelle une hydrorrhée.

Le 18 juillet 2018 arrive. Le terme était prévu le 19. De 09h à 12h30, c’est avec l’aînée que nous notons l’heure de chaque contraction. Elle se rapprochaient de plus en plus et étaient de plus en plus fortes. À 13h30, je sens qu’il est l’heure de faire route direction la Maternité. Et il était grand temps ! À 15h23, bébé est naît ! Fulgurante naissance. Même pas le temps dire ouf ! Si pour l’aînée, j’étais allongée et silencieuse, pour le cadet, il en a était tout autre. J’ai crié, j’ai bougé dans tous les sens, j’ai pleuré tant que mon corps et surtout bébé ont décidé de faire vite. Impossible de reprendre mon souffle. Impossible de me caler au rythme des contractions. J’étais comme dépossédée de mon corps. Je ne pouvais rien faire. Je me suis sentie incapable d’y arriver. J’ai réclamé la péridurale. Ce n’était pas nécessaire ! Mon corps, de concert avec le bébé, en avaient décidé autrement. La naissance était imminente.

Lorsque je regarde des films où les femmes crient en mettant au monde leur enfant, je disais que ce n’était pas si douloureux que ça ! Oui, c’est possible avec un accouchement comme celui de l’aînée mais pas comme celui du cadet. À croire qu’il est venu au monde pour narguer mes croyances. Je ne sais pas si c’est la douleur ou si c’est de n’avoir eu aucun contrôle sur le déroulement qui en a fait cette expérience.

 

Dans les 2 cas, les bébés sont sortis sans difficultés et avec seulement quelques éraflures. Dès le lendemain, j’étais debout et libre de tous mouvements. Ils m’ont chacun offert une expérience différente.

Karine.

 

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