Est-ce indécent d’être heureuse dans un monde si violent ?

Le mardi 30 avril 2019 à 13H44, nous avons reçu le témoignage anonyme d’une de nos lectrices qui nous a bien secoué ! Christelle n’a pas réussi à le lire et moi, j’ai eu envie de vomir et de pleurer en même temps. Je n’ai fait ni l’un ni l’autre. J’ai tenté de prendre du recul, de ne pas me sentir impliquée. Parce que ce n’est pas mon histoire. Puis j’ai laissé un peu traîner… Franchement, je ne savais que faire de tant de violences.

J’ai dit à notre auteure anonyme qu’il faudrait remodeler certaines parties, que ce n’était pas publiable, qu’on allait se faire censurer. Je lui ai même proposé mon aide, mais je n’ai pas réussi à toucher à un seul mot de son texte. Comment j’aurais pu « résumer » cela. Enlever des mots. Changer des phrases. Enlever de la substance à une histoire qui ne m’appartenait pas. Alors… j’ai laissé traîner. Je me suis dit que ça viendrait sûrement. Et puis j’ai oublié. J’ai littéralement OUBLIE. Je l’ai effacé de mon cerveau. J’ai laissé cette histoire dans un coin ne sachant pas quoi en faire. Je n’assumais clairement pas de la publier. Christelle suggérait de changer le titre pour « Addiction sexuelle ». Moi j’appelle clairement ça du viol. Je crois que c’était trop pour moi…

C’est un sujet qui me touche d’autant plus, car je fais partie d’une lignée où les femmes ont été humiliées, violées, maltraitées, abusées. Ça me fout la gerbe franchement ! Je me souviens de ma révolte dans mon cœur d’adolescente lorsque j’ai appris que deux de mes tantes se sont fait violer par leurs propres frères ! J’avais la rage ! Surtout qu’on leur aurait donner le bon Dieu sans confession à ces deux là… Les apparences sont parfois bien trompeuses… Elles ont porté plainte mais c’était « trop tard ». Il y avait prescription. Le violeur acquitté. Je me souviens en avoir parlé sur des forums à l’époque tellement j’étais en colère !

Plus tard, d’autres histoires sont arrivées à mes oreilles. Il faut que cela cesse. Ce n’est plus possible. Je n’ai jamais subi ce genre de violences mais c’est clair que j’avais une dent contre les hommes ! Enfin… à 13 ans, j’ai reçu des menaces de viol de la part d’un gars de deux ans de plus que moi avec qui je prenais le car pour aller au collège. Ce n’est resté qu’au stade des menaces alors j’avais minimisé les choses. C’était pas si grave par rapport à tout ce que j’entendais autour de moi. Mais en fait si, c’était grave. Même ça, ce n’est pas tolérable.

Il y a quelques années, j’ai fait une consultation en kinésiologie. J’avais besoin de comprendre pourquoi toutes mes relations avec les hommes suivaient le même schéma. J’étais celle qui voulait tout contrôler (alors qu’en vrai je contrôlais que dal avec le recul…). Systématiquement, je « tombais » sur des hommes « à sauver ». Et quand j’avais fini de les sauver, c’est moi qui me sauvait en courant. Cette histoire de mes 13 ans était ressorti en kinésiologie. A ce moment là, dans mon cerveau, ça a fait « homme = danger ». Ça expliquait beaucoup de choses.

Ce témoignage d’une de nos lectrices me renvoie de plein fouet à ma mission : œuvrer pour la guérison du féminin. C’est ce que je me sens appelée à faire depuis mon plus jeune âge.

Tout à l’heure, je regardais ma fille et j’ai eu les larmes aux yeux. Jamais je ne supporterais qu’elle vive cela. Il est temps que toute cette violence cesse. Il est temps…

En travaillant sur mon féminin et sur le transgénérationnel, j’ai guéri de nombreuses blessures. Les miennes et aussi celles de mes ancêtres. Je suis heureuse d’avoir fait ce travail avant ma grossesse. J’ai la sensation d’avoir contribuer à couper ces schémas de violences à répétition, qui perduraient depuis bien trop longtemps, de génération en génération…

J’ai bien conscience que je ne guérirais pas le féminin sur toute la planète à moi toute seule. J’essaie de faire ma part, un jour après l’autre, avec les moyens que j’ai. Même si parfois j’ai la sensation que ce n’est qu’une goutte d’eau. Je me souviens que c’est grâce à toutes ces gouttes d’eau réunies que ce sont crées les océans.

Si j’ai été de nombreuses fois tourmentée par le passé, aujourd’hui je mène une vie heureuse et équilibrée. La plupart du temps, je me sens loin de toute la violence du monde. Égoïstement, je ne regarde plus la télévision depuis une quinzaine d’années et je ne me tiens pas plus que ça au courant des infos. Honnêtement, ça m’a sauvée. Je crois que je n’aurais jamais entrepris le quart de ce que j’ai entrepris jusqu’à maintenant si j’étais sans arrêt plombée par les médias qui s’appliquent à maintenir leur audience dans la peur et dans l’incitation à consommer des trucs dont elle n’a pas besoin.

Je ne dirais pas que je suis dans le déni de la misère du monde. Mais le monde n’est pas que « misère ». La violence est partout certes. L’amour est partout aussi. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Il n’y a pas de lumière sans ombre.

J’ai décidé d’agir à mon échelle en faisant chaque jour de mon mieux. Je suis loin d’être parfaite et je ne le serais jamais.

Tout ça pour dire que j’ai longuement hésité à publier le témoignage de notre lectrice anonyme. Je croyais que ça faisait un mois, mais en fait non, ça en fait deux. Alors quand elle m’a relancée hier, je lui ai partagé mon ressenti. Je ne savais vraiment pas par quel bout prendre les choses. Je sais à quel point cela lui a demandé du courage d’écrire tout ça et de le partager au monde.

 

Je sais que ses mots sont choquants.

Je sais que son histoire est révoltante, dérangeante… malsaine.

C’est pour ça que son article est protégé par mot de passe (qui a été partagé uniquement sur notre compte instagram).

Partager son histoire a été un pas de plus vers sa guérison. Je ne souhaite à personne de vivre cela.

Tout à l’heure, je regardais ma fille rire avec son papa. J’avais les larmes aux yeux, chamboulée par ce témoignage et en même temps, j’étais heureuse. Ça fait toujours bizarre de vivre deux émotions simultanément. Je me sens tellement chanceuse d’être entourée des deux amours de ma vie. Même si je sais que ce n’est pas une histoire de chance. Si je vis une vie si paisible aujourd’hui, c’est parce que j’ai choisi d’aller de l’avant, de passer au-delà de mes peurs, de mes propres jugements et de ceux d’autrui. Ça ne veut pas dire que je vis H24 dans le monde des Bisounours. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres. Mais globalement, je peux dire que je suis HEUREUSE.

Une fraction de seconde, cette pensée m’a traversée : « est-ce indécent d’être heureuse dans un monde si violent ? »

Puis l’instant d’après : « si je ne propage pas ces ondes d’amour, qui le fera à ma place ? »

Alors toi qui me lit, je t’envoie de l’amour. Tout le monde a besoin d’amour. Maintenant que j’ai réussi à m’en donner à moi-même et à le diffuser autour de moi, je le laisse déborder jusqu’à toi.

Prends soin de toi.

Prends soin de toi en premier.

Respecte-toi.

Fais en sorte que l’on te respecte.

Donne-toi de l’amour.

Donne-toi de l’amour en premier.

Quand ton cœur sera comblé, laisse cet amour déborder de toi.

Et rayonne.

Laisse rayonner ta lumière au-delà de toi.

Et vis.

Vis chaque seconde de ta vie intensément.

Pleure, ris, chante, joue, crie, ose, rêve, pleure à nouveau, ne retiens jamais tes larmes qu’elles soient de tristesse ou de joie.

Va, vis, rêve, ose, aime.

Et quoi qu’il arrive, choisis-toi en premier.

Je t’envoie plein d’amour, de douceur et de lumière…

Marie.

PS : tu as le droit d’être heureuse. Le monde a besoin de gens heureux.

Le jour où j’ai décidé d’avorter.

L’IVG. Mon histoire, mon vécu.

 

Le jour où j’ai décider d’avorter, je me répétais sans cesse:

 » Mais je vais tuer mon bébé, c’est horrible de faire ça. J’ai l’impression de commettre un meurtre. »

A la base je me suis toujours dit « JAMAIS DE MA VIE J’AVORTERAIS ». 

Mais ce jour où je suis tombée enceinte… C’est à ce moment-là qu’on se rend compte de l’importance de la chose. On fait tous des erreurs dans la vie, mais cette erreur là n’en est pas vraiment une pour moi, car ça m’a appris beaucoup !

Je savais que si je le gardais, je n’aurais pas été heureuse, et lui non plus. C’était un moment très difficile, douloureux… Physiquement, moralement…

La souffrance, la tristesse, la peur… les émotions étaient présentes, très très présentes.

J’avais peur qu’il souffre, peur qu’il pense ou qu’il sente que je l’abandonne.

J’avais terriblement mal. Mal à l’intérieur comme à l’extérieur. Crampe, vertiges… Et si lui aussi avait mal? Et s’il ressentait les douleurs que moi-même je ressentais ? Vous allez me dire :  » Mais non, il ne sent rien. Il est trop petit. Il n’est même pas développé… « 

Je me sentais triste mais à la fois sûre de ma décision, car je savais ce que je faisais et ce que ça allait infliger dans ma vie. Je ne le regrette pas mais ça fait si mal de se dire que le petit embryon et l’œuf qui est à l’intérieur de moi va disparaitre. Je ne verrais jamais mon ventre s’arrondir. Je ne rencontrerais jamais ce petit bout… C’est si étrange.

Je perdais beaucoup de sang, trop de sang. J’ai fait une hémorragie, j’avais des caillots de sang. Pour arrêter tout ça, on m’a transféré d’urgence pour une aspiration et mise sous perfusion pour diminuer le sang.

J’ai utilisé la méthode médicamenteuse au départ, mais finalement j’aurais pratiqué les deux méthodes.

Il est parti, oui parti mais pour son bien.

JAMAIS je n’oublierai ce moment. Ça reste ancré dans ma mémoire pour le restant de ma vie. Tu seras toujours mon bébé. Je pense à toi chaque jour. Je t’aime et cela jusqu’à l’éternité.

Témoignage anonyme.

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De la conception à l’accouchement

Je ne pensais pas qu’un jour je raconterai ces moments de ma vie. Deux moments qui marquent un virage dans ma vie de femme. La mise au monde de deux enfants. Leur venue n’a pas été programmée.

Je n’ai jamais dit à moi-même ou à mon conjoint “Tiens ! Et si on faisait un bébé ?”.  J’ai accueilli les deux grossesses comme une agréable surprise.

 

Pour l’aînée, un jour, j’ai senti qu’il y avait quelque chose à l’intérieur de moi. Quelque chose comme logé dans un recoin de mon intérieur et que je n’arrivais pas à reconnaître. Je pensais à des ballonnements ou autres désagréments de ce genre, mais quand même, c’était tout autre. C’était la première fois où la possibilité d’être enceinte m’a traversé l’esprit.

À cette époque, même si je ne prenais aucun contraceptif depuis 6 ans, je ne prêtais aucune attention à mon cycle menstruel. Je ne m’étais même pas aperçue d’un quelconque retard dans mon cycle. Juste un quelque chose pas comme d’habitude. Surtout que depuis 4 mois, je m’entends encore dire, que je ne voulais pas d’enfant.

Après rendez-vous chez le médecin-traitant, une ordonnance et prises de sang plus tard, la confirmation. Un petit être grandissait en moi.

Mis à part une sciatique présente quasi tout du long de la grossesse, tout s’est bien passé.

Puis en ce beau jour férié de mai 2010, c’est repas copieux en plein air. Le lendemain, la journée se passe, bien. Puis la nuit suivante, une envie de faire pipi me réveille. Et là, ce n’était pas un pipi, c’était la poche des eaux qui venait de rompre. S’en est suivi les premières contractions. Il était 00h30, le 25 mai 2010. J’ai pu dormir le reste de la nuit malgré les contractions. Sur le matin, elles étaient plus fortes mais largement supportables. C’est vers 12h30 qu’elles ont commencé à se rapprocher. Comme c’est un Accouchement à Domicile qui est prévu, mon conjoint appelle la Sage-Femme. Rien. Pas de réponses.

Le travail se poursuit tranquillement. Je ne m’inquiète pas, je suis préparée pour le faire à Domicile. La Sage-Femme répondra après sa pause déjeuner me dis-je. À 14h, toujours pas de réponses. Mon conjoint laisse un message. Tout est prévu si nous devons nous rendre à la maternité. Tout se passe bien et en toute quiétude.

N’ayant toujours pas de réponses, c’est vers 17h00 que nous décidons de partir pour la Maternité. Les contractions se rapprochent, beaucoup, et je sens le bébé qui commence à descendre. Je suis dedans. Je ressens chacun de ses mouvements. Je l’accompagne par le souffle à chacun d’eux. Pendant ce temps, mon conjoint charge les affaires dans la voiture et revient dans la chambre pour m’accompagner à la voiture. Il ne m’y trouva pas. Hahaha ! Je m’étais déjà levée pour m’installer au salon faire une pause. Je m’habille comme je peux car être debout m’est difficile. Au moment où il monte à l’étage pour venir me chercher donc, j’étais déjà entrain de m’installer dans la voiture. Nous nous sommes croisés de peu comme on dit. Je me rappelle de cette scène comme hier. Je l’entendais m’appeler mais tellement j’étais dans le rythme et la gestion des contractions que je ne pouvais lui répondre. Lorsque l’on parle de ce moment avec notre fille aînée, on se marre à chaque fois. C’est un beau souvenir gravé à jamais.

Ensuite, ce qui se passe jusqu’au moment où je tiens ma fille pour la première fois dans les bras, je n’ai quasiment rien vu. Rien vu car pendant tout le reste de l’accouchement, j’avais les yeux fermés. En arrivant à la Maternité, c’est en fauteuil roulant que je suis amenée à la salle de préparation. Impossible de tenir debout. J’ai les jambes qui flageolent. Je veux être vite allongée pour accompagner le bébé dans son passage. Même ouvrir les yeux m’est impossible. Je suis dedans.

Peu de temps après, il est déjà temps d’être installée en salle d’accouchement. Il a fallu près d’1h30 pour que le bébé sorte. Je me rappelle entendre la Sage-Femme dire que c’est l’accouchement le plus silencieux auquel elle assiste. C’est vrai ! Je suis là, allongée les pieds dans les étriers car c’est ainsi que je me sens disponible pour accompagner le bébé. Pas un mot, pas un cri. Je suis allongée dans le silence. J’ai ressenti chacun de ses mouvements pour glisser et ma respiration était synchronisée. Après quelques dernières grosses poussées, bébé est né. Nous sommes toujours le 25 mai 2010. Il est 19h55.

 

Pour le cadet, j’ai su ! J’ai su à l’instant même qu’il y a eu fécondation. Cette fois-ci, je connaissais mon cycle et dès les premiers jours de retard, la confirmation de ce moment magique où j’ai su.

Avec l’échographie, il n’était plus question de douter. Au retour de cette échographie, j’ai fait la blague à mon conjoint qu’il y avait 2 fœtus. Je me rappellerai toujours de sa tête ! 😁

L’échographie suivante, on jouait le jeu des devinettes et intuition : fille ou garçon ?  Jusqu’au matin même je croyais fortement que ça serait une fille et, puis durant la nuit, j’ai su que c’était un garçon. L’échographie le confirma.

Ce qu’il y a de plus magique, c’est que ce petit d’homme qui grandissait en moi, m’a une nuit emmené dans l’une de ses vies et m’a montré la couleur principale de son aura. Une aura magenta.

Il m’en a fait voir ce petit. C’était le 1er juin et déjà il semblait vouloir naître ! Perte d’eau, contractions… N’ayant pas durée plus que ça, ce n’est que le lendemain que je me suis présentée à la Maternité. Après plusieurs tests, ce n’était qu’une fausse alerte. Ok ! Mais c’était quoi ce liquide et ces contractions ? Tout ressemble a des signes d’un début de travail mais ce n’en est pas un !? J’ai fais mes recherches. Cela s’appelle une hydrorrhée.

Le 18 juillet 2018 arrive. Le terme était prévu le 19. De 09h à 12h30, c’est avec l’aînée que nous notons l’heure de chaque contraction. Elle se rapprochaient de plus en plus et étaient de plus en plus fortes. À 13h30, je sens qu’il est l’heure de faire route direction la Maternité. Et il était grand temps ! À 15h23, bébé est naît ! Fulgurante naissance. Même pas le temps dire ouf ! Si pour l’aînée, j’étais allongée et silencieuse, pour le cadet, il en a était tout autre. J’ai crié, j’ai bougé dans tous les sens, j’ai pleuré tant que mon corps et surtout bébé ont décidé de faire vite. Impossible de reprendre mon souffle. Impossible de me caler au rythme des contractions. J’étais comme dépossédée de mon corps. Je ne pouvais rien faire. Je me suis sentie incapable d’y arriver. J’ai réclamé la péridurale. Ce n’était pas nécessaire ! Mon corps, de concert avec le bébé, en avaient décidé autrement. La naissance était imminente.

Lorsque je regarde des films où les femmes crient en mettant au monde leur enfant, je disais que ce n’était pas si douloureux que ça ! Oui, c’est possible avec un accouchement comme celui de l’aînée mais pas comme celui du cadet. À croire qu’il est venu au monde pour narguer mes croyances. Je ne sais pas si c’est la douleur ou si c’est de n’avoir eu aucun contrôle sur le déroulement qui en a fait cette expérience.

 

Dans les 2 cas, les bébés sont sortis sans difficultés et avec seulement quelques éraflures. Dès le lendemain, j’étais debout et libre de tous mouvements. Ils m’ont chacun offert une expérience différente.

Karine.

 

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Se découvrir en tant que femme #2

Audrey dans la cathédrale de la Treille à Lille

Histoire de Lunes.

Les premières.

Mon expérience lunaire…

Mes premières règles sont arrivés, j’étais au collège, en 4 ème , j’avais 13 ans. Je me souviens plus facilement de ma classe que de mon âge ! J’ai dû remonter le temps et chercher mon âge.

Elles sont venues juste un jour, juste pour dire « on arrive, prépare-toi ».

C’était un jour particulier, non pas parce que j’allais avoir mes règles. Non, c’est parce que c’était le voyage de classe de l’année …. Nous avions pris le bus tôt le matin du collège pour aller à Köln (Cologne), en Allemagne. Long voyage – mais le temps où on se marre, on chante, avec les potes – c’était l’époque
des « Inconnus », alors on se marrait bien.

Beaucoup de route, et beaucoup de « nuit »… une journée courte de décembre.
Elles sont arrivées quand je visitais la Grande Cathédrale, celle qui est restée debout malgré les bombardements pendant la seconde guerre mondiale. Celle qui est restée debout malgré tout…

Je me souviens d’un grand silence en dedans aussi bien dans la cathédrale, qu’en moi-même. Je ne voulais en parler à qui que ce soit.

Audrey dans la cathédrale de la Treille à Lille
Crédit photo : David Krüger

 

Et pourtant, dehors, c’était le marché de noël, le temps où l’on fait des cadeaux à ceux qui nous sont proches… la vie est une fête.

La Vie est une fête, et quelque chose en moi change, et je ne sais pas trop ce qui se passe.

J’étais bien au courant du fonctionnement théorique de la femme, oui… mais dans le ressenti… on ne le sait finalement que lorsque ça se présente…

Je me suis donc débrouillée toute seule avec ce que j’avais trouvé aux toilettes, en croisant les doigts fortement pour que ça suffise. J’avais mal au ventre, sans vraiment avoir mal. Une nouvelle sensation, que je ne connaissais pas jusqu’alors, une sensation que je découvrais.

J’étais donc loin de chez moi, sur un autre territoire, sans rien pour me protéger, livrée à moi-même et ma féminité en devenir… sans savoir.

Je me souviens l’annoncer à ma Mère à mon retour, le soir même. Elle s’est mise à ma hauteur et m’a serré dans ses bras. Elle pleurait de joie, m’avouant qu’elle avait le pressentiment que ça arriverait ce jour là.

Mes règles sont arrivées en silence sur un jour, à l’étranger, où je visite le sacré et où la naissance et la vie sont célébrées… la Naissance du Sacré.

C’est aujourd’hui, en l’écrivant, que je comprends toute la symbolique de cette aventure.

C’est à l’approche de mes dernières années de cycle (que je me souhaite encore longue),  que je comprends…

En écrivant, là, cette histoire… mon ventre remue.

 

Audrey Krüger, « Au coeur de la Bulle ».

 

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Se découvrir en tant que femme #1

Salut. J’ai répondu à un super questionnaire sur le cycle menstruel récemment. ( Questionnairepublication Facebook ) Cela m’a donné l’envie d’écrire ce que ça fait pour moi d’être femme, et ce que j’aurais aimé savoir en amont.

 

Ah, je sens que cet article va être dur.

 

Avant l’adolescence et encore après, je me suis toujours battue pour l’équilibre, et pour paraître cool, ne pas gêner. Pendant vraiment longtemps (je trouve), j’ai cru très fort que la vie allait être plus ou moins linéaire, qu’il y aurait certes quelques étapes difficiles à traverser mais qu’on y parviendrait sans trop de bousculement. Mon œil oui.

 

Je tiens à préciser que, malheureusement selon moi, y a des gens comme ça, chez qui habiteraient la constance. Cependant je crois que leur santé intérieure est en désarroi. Après, on ne va pas faire de généralités mais, en tout cas ce n’est pas la vie que je choisis aujourd’hui.

 

Je ne te l’apprends plus. Être une femme a été une terreur pour moi, je n’étais pas prête, donc j’ai fuis ce moment en côtoyant l’anorexie. Je vais parler du fait de me sentir femme, dans mon cas personnel, au niveau physiologique et psychique, avec mon vécu jusqu’à aujourd’hui et ma définition d’être la femme que je veux être. C’est vraiment très personnel et je crois qu’il y a autant de femmes que de définitions d’être femme, et autant de corps, dans leur complétude, qui vont avec…

 

J’avais eu mes règles autour des mes quinze ans, probablement. Elles m’ont saluées et je suis partie en courant avec l’anorexie ! Et puis elles sont revenue vers mes 18/19 ans.

 

Oui, allons-y, parlons des règles.

 

C’est à chaque fois pour nous, mes règles et moi, des retrouvailles surprenantes et kiffantes. Oui, pour moi c’est une victoire chaque fois où je découvre le sang délivré au fond de ma culotte, ou une trace de pinceau rose sur le papier toilette. Même quand ça tâche mon drap et que ça, c’est chiant et récurrent.

A ce jour j’ai 20 ans et je découvre encore, pas toujours rassurée d’ailleurs. J’aurais aimé qu’on me dise que ce n’est pas toujours un rouge magnifique, qu’au début et/ou à la fin des règles ce peut être marron, et qu’il s’agit du vieux sang qui n’a pas été écoulé lors des cycles précédents. J’aurais aimé qu’on me prévienne que ce n’est pas toujours super lisse, parce que j’aurais aimé être plus apaisée quand j’ai découvert mon premier grumeau qui avait l’air d’être un morceau de pruneau !

 

J’aurais aimé qu’un groupe de nanas se manifeste désespéré de ne pas réussir à mettre leur cup menstruelle, parce que moi, franchement, je me posais de lourdes questions sur la capacité d’élasticité de mon trou si étroit, malgré toutes mes positions, mes techniques pour plier la cup, mes grandes inspire-expire… Bon, j’y suis arrivée au final.

 

J’aurais aimé aussi qu’on me dise qu’à partir d’un moment dans la vie, on finit jamais (ou quasi presque) jamais nos journées avec une culotte sans souvenir déposé dessus. J’aurais aimé qu’on m’explique ce que signifie le jour du blanc d’œuf cru et qu’on me dise que c’est tout à fait ok, sain, inévitable, et qu’il s’agit en fait d’une des multiples formes de la glaire cervicale, sous cette forme c’est au moment de l’ovulation. Et tu sais quoi, j’ai même le rêve que le flux instinctif libre soit enseigné de la même façon qu’on apprend à se retenir de faire pipi. Parce que la cup a plein d’avantages, certes, mais il n’empêche que la dernière fois que je l’ai remise dans mon vagin, j’ai eu la même sensation que j’ai quand je vois quelqu’un donner une tototte à un bambin. J’ai l’impression de les envoyer chier les minettes… Parce que niveau flux instinctif libre et moi, je crois qu’il me manque beaucoup d’outils…

 

Et puis les règles sont juste le vestige d’une vie cyclique. Comme toute forme de vie d’ailleurs, tout est cyclique et moi je crois même qu’un barbu, une femme qui n’a pas ses règles ou n’importe qui qui se sent homme, fonctionne avec les cycles. Pour moi c’est inéchapable.

 

Y a effectivement une histoire de variations hormonales, naturelles pour moi, dans l’histoire, sources de mouvement émotionnels, énergétiques, d’appétit, de peau, d’attitude plus ou moins sociable, etc. A ce propos je te conseille joyeusement l’application Clue sur laquelle tu peux noter ce que tu observes chaque jour en toi, clue signifie indice. Et grâce à l’appli tu peux apprendre à te connaître et à connaître ton cycle !

 

Bref, moi je pense que de toute façon, nous sommes une source de vie, et que par définition, LA VIE est cyclique dans son entièreté et tous ses infimes détails.

 

Je retrouve mes règles après une coupe de cheveux qui me fait me sentir plus femme,

Je retrouve mes règles après la décision et l’action qui s’en suit de ne plus me laisser manger (Clique ici pour lire l’article Manger et se faire manger),

Je retrouve mes règles parce que c’est la Pleine Lune, et deux semaines après parce que c’est la Nouvelle Lune,

Je retrouve mes règles après des étapes clefs comme celles-ci et d’autres, quasi tout le temps.

J’aurais aimé qu’on passe du temps à me parler de la mise en formes du corps, qu’on m’explique comment ça se passe, qu’on me raconte que la beauté dans cela c’est qu’on commence à devenir distincte et unique. Au niveau du corps, certes, mais aussi dans tout.

 

J’aurais aimé qu’on m’explique que devenir adulte, c’est devenir quelqu’un. Que c’est devenir quelqu’un de repérable, d’identifiable, qui a des idées à défendre -ou pas.., et que ces idées peuvent différer de celles d’autrui. J’aurais aimé qu’on m’apprennent à m’aimer dans mon unicité afin de ne pas à tout prix me raccrocher à l’approbation.

 

Pour finir, la vérité est dans le mouvement, et le mouvement c’est le changement permanent. Et pour exemple, durant ces deux premiers jours de règles actuels, j’ai très peu d’appétit. La semaine d’avant j’en avais beaucoup.

 

Pour moi, être femme, c’est être expressive et guerrière. C’est honorer qui nous sommes, tout ce que regroupent à la fois notre corps et notre psychée (et bien plus encore, toi-même tu sais). Et être femme se vérifie à chaque acte, à chaque instant, chaque présent. Être une femme et une guerrière c’est être en paix avec son entièreté tout en y ramenant la conscience. C’est un métier en fait, pas si simple.

Être femme c’est déconstruire, en fait, tout ce qu’on nous a dit que c’était la femme. Parce que pourquoi la femme est tant réprimée ?Parce qu’elle est puissante, je le crois !!!

 

Sache que je ne fais que partager un bout de comment je vois ma vie tout de suite, tout ce que je dis n’est pas à gober à la lettre près. Si tu veux témoigner, tu es la bienvenue en nous contactant ici. Si tu veux témoigner d’un « Se découvrir en tant que femme #2 » tu sais comment faire ! 😉

 

Christelle.

Manger et se faire manger

Manger.

Se faire bouffer.

Se faire ronger de l’intérieur.

Manger cher.

Ouais, manger, dans tous les sens du terme…

 

Ça a commencé par les émotions, un peu comme tout en fait. La source initiale, je l’ignore, mais dès très jeune je me transforme en sourire ambulant qui se retient de pleurer lorsqu’elle reçoit un ballon en pleine tronche dans la cour de récréation. Ou qui n’envoie pas chier car ça ferait trop kiffer l’autre. C’est un modèle très fort que j’ai eu. Mais aujourd’hui je ne suis plus en accord avec ça.

 

J’ai fait des tentatives :

J’ai pleuré dans ma chambre bébé, sans que l’on vienne près de moi jusqu’au moins je ferme l’œil.

J’ai dit des choses, tenté d’instaurer, d’initier… d’exprimer, sans que cela ne porte ses fruits.

J’ai écrit des lettres, et on m’a répondu « Tu écris bien »…

 

Je me suis supprimée, annulée, annihilée. Cancel, Christelle !!!

 

J’ai toujours eu, et j’ai encore, ce sentiment de devoir rééquilibrer le tout.

 

Mes parents dépensaient plus d’argent qu’ils disaient en avoir, pour nous nourrir, nous vêtir, nous faire plaisir. J’ai reculé devant ça, j’ai laissé les plus beaux fruits pour mes frères et soeurs. Et pour les fringues ou autres demandes, j’attendais d’être sûre à 100% et d’avoir vraiment besoin.

 

Et puis un jour j’ai boycotté. Toutes ces émotions inentendues, ces expressions réprimées, ces ignorances de mes sens, je… tout ça s’est retenu dans mon ventre. J’ai décidé alors de prendre ma vie en main, de gérer, de faire de mon mieux, de CONTRÔLER bordel de merde. Encore plus !

Alors mes assiettes sont devenues de plus en plus légères, mon corps se désagrégeait et puis… à l’intérieur de moi le poids était de taille, condensé, concentré, douloureux. Un poids émotionnel, un poids d’envies, un poids de vie, retenu de mes cris.

 

L’étincelle était toujours là. C’est pour cela que j’écris.

 

 

Je comprends soudain que je me rajoute un problème à régler, qui prend le dessus sur la cause principale… mais au moins on avait vu, on avait reconnu mon mal-être et, j’avais trouvé la force.

La force de dire vraiment ce que je voulais dire, et peut-être ainsi d’atteindre davantage de monde.

Et finalement, là n’était plus la question.

 

Ici je m’étais opposée, retenue, certes.

MAIS j’avais donné le pouvoir aux autres de m’éteindre. Je ne leur ai pas craché à la gueule, je n’ai pas fait de regard noir, je n’ai pas frappé, je n’ai pas grondé.

Non, à la place j’ai sombré, j’ai inquiété plus que je l’imaginais et j’ai plongé. J’ai compris à quel point le monde faisait de son mieux et je l’ai pardonné. Enfin je me suis fait bouffer quoi.

 

Et j’ai encore beaucoup de travail. Pour me remodeler, pour exister, être. Aujourd’hui.

 

Les gens ne devineront pas pour moi.

Fermer ma bouche est clairement égoïste.

J’ai des choses à dire.

J’ai ma place quoi qu’il advienne.

Vaille que vaille.

 

De toute façon sinon, autant m’exterminer totalement. Mais attendons encore un peu, parce que j’y crois, parce qu’il y a toujours de l’espoir, parce que l’étincelle je la sens, parce que des gens m’aiment pour de vrai, parce que merci, parce que j’ai déjà su tomber et me reveler.

 

Comprendre que mon corps est le récipient d’une âme qui fait clairement avancer le monde, qui choisit, qui avance… comprendre que les relations et la communication font grandir, s’épanouir, se réjouir enfin de vivre.

 

Oui, on me crachera sur la gueule dans les moments où je m’y attendrais le moins. On me chiera dessus sans pitié. Bien sûr qu’on m’en voudra, que moi aussi je m’en voudrais, que j’aurais mal. Même qu’y a des gens qui détruiront systématiquement ce pour quoi j’offre mon énergie pour bâtir. Peut-être même que parfois je tomberais encore plus bas que si je n’avais rien tenté. Évidemment je vais provoquer la création d’une meute de gens qui vont faire une association exprès contre moi, même qu’y aura la police en son sein ! Bien sûr, je me ferais même à nouveau dévorer par des gens, que pour compenser le tout je ferais des crises de boulimie et que mon corps les rejettera.. ou pas. Peut-être même que je vais devenir chauve et sans dent. Et que y aura une émission créée sur-mesure pour souder et réunir les gens qui ont comme rêve de me lancer des pics. Ouaaais. Et je me sentirais parfois totalement perdue, et j’aurais peur de parler aux inconnus, et j’aurais peur de revenir vers quelqu’un de connu. Et puis merde, si ça se trouve je vais encore mourir dix fois ! Que je vais arrêter de danser, de chanter, d’essayer. Pire encore… peut-être que je vais arrêter de croire, de penser, de réfléchir. Peut-être que je vais tout regretter. Je vais blesser, décevoir, vider tout mon stock de morves et d’eau salée. De sang, de salive, de sueur. Je serais essoufflée, je n’en pourrais plus, je retomberais encore plus bas, plus profond, dans plus de noir et de froideur… Peut-être que je vais tellement souffrir que je vais m’arracher volontairement un doigt et rigoler en même temps. Et peut-être que je vais dire à des gens des choses que je regretterais pour absolument tout ma vie et l’infini.. puis si ça se trouve, Tr **** ump va me violer.

 

Mais est-ce que tout ça, rien que ça, ça ne vaut pas à fond le fait d’avancer vers la vie de mes rêves ?????????!!!!!! Est-ce que tout cela ne vaut pas la libération et l’autonomie, les voyages magiques, l’apprentissage? Est-ce que ça ne vaut pas toutes les fois durant lesquels je serais tellement connectée à mes émotions que OUI je vais finir par m’aimer moi le plus au monde ? Est-ce que tout cela ne vaut pas cet alignage parfait vécu même UNE SEULE FOIS fois, où mes croyances, émotions et actions seront accordées. Non mais rien que ça en fait, ben ça vaut tout le rejet du monde entier, toute l’eau salée de mon corps, toute ma bile.

 

Et puis normalement j’aurais toujours de l’oxygène à disposition et quelques connexions neuronale, et un petit gramme de foi…

 

Christelle !

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Conscience et Nourritures – Crédit Photo : Marie Guibouin

Avant j’étais anorexique

Crédit Photo : Marie Guibouin – Août 2015

 

Avant j’étais anorexique.

Enfin je n’étais pas que ça mais c’est une phrase suffisamment synthétique pour pour que tu captes rapidement de quel passage de ma vie je vais parler ici.

J’étais isolée. Je me sentais souvent seule, avec des problématiques que personne d’autre que moi pouvait avoir. Je pensais cela. Des problématiques internes que je ne partageais pas car elles n’allaient pas être écoutées, comprises ou simplement considérées comme légitimes.

Je me souviens très bien de ces moments où se battaient en moi-même tant de gens dans mon intérieur. C’était horrible. Je pèse mes mots. A un moment donné, ces gens n’ont plus de place en mon sein et… ils doivent sortir de mon corps.

A la place, durant un temps, comme je ne les libérais pas, alors ils ont pris l’emprise de moi. Ils m’ont attaqué, comme on est envahi par un virus. Cela va très vite, très très vite.

J’étais dans une période où mon mental me menait à une vie dans laquelle j’avais la persuasion de tout contrôler. C’était fascinant ! Mais j’apprends que ceci n’est pas possible…

Pour les détails : j’étais stricte sur mes heures de sommeil et de repas. Pas exigeante ou attentive, non, stricte et même rigide. Je bossais beaucoup mes devoirs de lycée, j’écrivais seule dans ma chambre sur des cahiers mes pensées, et je pleurais en cachette -ou dans des bras !- ce que je n’avais pas verbalisé.

Mes journées, dans les faits, se ressemblaient beaucoup.

 

Aujourd’hui, pourtant dans un état similaire, voire plus extrême au niveaux des gens dans ma tête (c’est-à-dire les croyances qui me gouvernent mais que je ne sens pas légitime de partager, de communiquer), j’ai plutôt ma vie dans un bordel désorganisé et désastreux.

Alors que durant ma période d’anorexie j’étais assidue sur les heures, motivée à sortir de mon lit très tôt pour petit déjeuner tôt et donc espacer mes repas à merveille (j’avais peur de ne pas avoir faim pour le prochain, entre autres), aujourd’hui j’ai du mal à m’endormir et à sortir de mon lit. Toute action, même banale, me demande un effort complètement démesuré. C’est très humiliant pour moi de partager cela.

Du coup je fais le chemin inverse : je m’impose des horaires de sommeil. Je dois être levée à 6H la semaine, pour m’endormir plus tôt le soir sans traîner et m’éviter par tous les moyens possibles et inimaginables… et épuisants, franchement.

 

Marie m’a demandé comment j’ai fait pour sortir de l’anorexie. J’ai déjà écrit ici que l’anorexie est le nom pour déterminer le trouble comportemental face à la nourriture et à son corps. Je répondrais à sa question parce qu’effectivement je me suis sortie de ces troubles, et de l’état physiologique dangereux de mon corps, de ma santé mentale, de ma sociabilité, etc. Enfin ça va quoi, je me retrouve plus, seule dans mon monde à compter les petits pois de mon assiette si tu veux.

Mais mon anorexie à moi (je précise car chacun est différent) n’était en fait qu’un balaise de symptôme d’un mal-être déjà présent de ouf.

C’était pour dire « je sature ». C’était pour dire « puisque vous ne me comprenez pas avec les mots, qu’ils soient parlés ou écrits, alors je vais vous le dire avec mon corps », c’était pour dire « je suis ». Et c’était pour dire aussi « je ne vous suis pas et vous me faites chier 🙂 ». L’anorexie est réellement un piège et ce n’est pas drôle. Si tu as vécu quelque chose de similaire, même si ce n’est pas un trouble du comportement alimentaire, et que tu souhaites en parler ici, franchement contacte-nous, ton témoignage peut être anonyme si tu le souhaites. En fait nous partons du principe qu’écrire sur soi permet de s’aider soi-même, et également les lectreur/ices, à poser des mots qu’ils ne parviennent pas à trouver sur leur état.

 

Je travaille aujourd’hui à m’exprimer et ce n’est pas un travail facile. Par expérience, je sais par contre que c’est si dévastateur de se priver de cela, qu’au long terme c’est plus difficile, voire mortel. J’encourage la pensée qu’il doit y avoir autant de corps que de vies (au moins!), donc nous qui sommes ici, vivons du mieux que nous pouvons 🙂 Exprimons-nous le plus possible et le plus vrai possible.

 

Merci à toi de m’avoir lue !! A bientôt !

Christelle.