Se découvrir en tant que femme #1

Salut. J’ai répondu à un super questionnaire sur le cycle menstruel récemment. ( Questionnairepublication Facebook ) Cela m’a donné l’envie d’écrire ce que ça fait pour moi d’être femme, et ce que j’aurais aimé savoir en amont.

 

Ah, je sens que cet article va être dur.

 

Avant l’adolescence et encore après, je me suis toujours battue pour l’équilibre, et pour paraître cool, ne pas gêner. Pendant vraiment longtemps (je trouve), j’ai cru très fort que la vie allait être plus ou moins linéaire, qu’il y aurait certes quelques étapes difficiles à traverser mais qu’on y parviendrait sans trop de bousculement. Mon œil oui.

 

Je tiens à préciser que, malheureusement selon moi, y a des gens comme ça, chez qui habiteraient la constance. Cependant je crois que leur santé intérieure est en désarroi. Après, on ne va pas faire de généralités mais, en tout cas ce n’est pas la vie que je choisis aujourd’hui.

 

Je ne te l’apprends plus. Être une femme a été une terreur pour moi, je n’étais pas prête, donc j’ai fuis ce moment en côtoyant l’anorexie. Je vais parler du fait de me sentir femme, dans mon cas personnel, au niveau physiologique et psychique, avec mon vécu jusqu’à aujourd’hui et ma définition d’être la femme que je veux être. C’est vraiment très personnel et je crois qu’il y a autant de femmes que de définitions d’être femme, et autant de corps, dans leur complétude, qui vont avec…

 

J’avais eu mes règles autour des mes quinze ans, probablement. Elles m’ont saluées et je suis partie en courant avec l’anorexie ! Et puis elles sont revenue vers mes 18/19 ans.

 

Oui, allons-y, parlons des règles.

 

C’est à chaque fois pour nous, mes règles et moi, des retrouvailles surprenantes et kiffantes. Oui, pour moi c’est une victoire chaque fois où je découvre le sang délivré au fond de ma culotte, ou une trace de pinceau rose sur le papier toilette. Même quand ça tâche mon drap et que ça, c’est chiant et récurrent.

A ce jour j’ai 20 ans et je découvre encore, pas toujours rassurée d’ailleurs. J’aurais aimé qu’on me dise que ce n’est pas toujours un rouge magnifique, qu’au début et/ou à la fin des règles ce peut être marron, et qu’il s’agit du vieux sang qui n’a pas été écoulé lors des cycles précédents. J’aurais aimé qu’on me prévienne que ce n’est pas toujours super lisse, parce que j’aurais aimé être plus apaisée quand j’ai découvert mon premier grumeau qui avait l’air d’être un morceau de pruneau !

 

J’aurais aimé qu’un groupe de nanas se manifeste désespéré de ne pas réussir à mettre leur cup menstruelle, parce que moi, franchement, je me posais de lourdes questions sur la capacité d’élasticité de mon trou si étroit, malgré toutes mes positions, mes techniques pour plier la cup, mes grandes inspire-expire… Bon, j’y suis arrivée au final.

 

J’aurais aimé aussi qu’on me dise qu’à partir d’un moment dans la vie, on finit jamais (ou quasi presque) jamais nos journées avec une culotte sans souvenir déposé dessus. J’aurais aimé qu’on m’explique ce que signifie le jour du blanc d’œuf cru et qu’on me dise que c’est tout à fait ok, sain, inévitable, et qu’il s’agit en fait d’une des multiples formes de la glaire cervicale, sous cette forme c’est au moment de l’ovulation. Et tu sais quoi, j’ai même le rêve que le flux instinctif libre soit enseigné de la même façon qu’on apprend à se retenir de faire pipi. Parce que la cup a plein d’avantages, certes, mais il n’empêche que la dernière fois que je l’ai remise dans mon vagin, j’ai eu la même sensation que j’ai quand je vois quelqu’un donner une tototte à un bambin. J’ai l’impression de les envoyer chier les minettes… Parce que niveau flux instinctif libre et moi, je crois qu’il me manque beaucoup d’outils…

 

Et puis les règles sont juste le vestige d’une vie cyclique. Comme toute forme de vie d’ailleurs, tout est cyclique et moi je crois même qu’un barbu, une femme qui n’a pas ses règles ou n’importe qui qui se sent homme, fonctionne avec les cycles. Pour moi c’est inéchapable.

 

Y a effectivement une histoire de variations hormonales, naturelles pour moi, dans l’histoire, sources de mouvement émotionnels, énergétiques, d’appétit, de peau, d’attitude plus ou moins sociable, etc. A ce propos je te conseille joyeusement l’application Clue sur laquelle tu peux noter ce que tu observes chaque jour en toi, clue signifie indice. Et grâce à l’appli tu peux apprendre à te connaître et à connaître ton cycle !

 

Bref, moi je pense que de toute façon, nous sommes une source de vie, et que par définition, LA VIE est cyclique dans son entièreté et tous ses infimes détails.

 

Je retrouve mes règles après une coupe de cheveux qui me fait me sentir plus femme,

Je retrouve mes règles après la décision et l’action qui s’en suit de ne plus me laisser manger (Clique ici pour lire l’article Manger et se faire manger),

Je retrouve mes règles parce que c’est la Pleine Lune, et deux semaines après parce que c’est la Nouvelle Lune,

Je retrouve mes règles après des étapes clefs comme celles-ci et d’autres, quasi tout le temps.

J’aurais aimé qu’on passe du temps à me parler de la mise en formes du corps, qu’on m’explique comment ça se passe, qu’on me raconte que la beauté dans cela c’est qu’on commence à devenir distincte et unique. Au niveau du corps, certes, mais aussi dans tout.

 

J’aurais aimé qu’on m’explique que devenir adulte, c’est devenir quelqu’un. Que c’est devenir quelqu’un de repérable, d’identifiable, qui a des idées à défendre -ou pas.., et que ces idées peuvent différer de celles d’autrui. J’aurais aimé qu’on m’apprennent à m’aimer dans mon unicité afin de ne pas à tout prix me raccrocher à l’approbation.

 

Pour finir, la vérité est dans le mouvement, et le mouvement c’est le changement permanent. Et pour exemple, durant ces deux premiers jours de règles actuels, j’ai très peu d’appétit. La semaine d’avant j’en avais beaucoup.

 

Pour moi, être femme, c’est être expressive et guerrière. C’est honorer qui nous sommes, tout ce que regroupent à la fois notre corps et notre psychée (et bien plus encore, toi-même tu sais). Et être femme se vérifie à chaque acte, à chaque instant, chaque présent. Être une femme et une guerrière c’est être en paix avec son entièreté tout en y ramenant la conscience. C’est un métier en fait, pas si simple.

Être femme c’est déconstruire, en fait, tout ce qu’on nous a dit que c’était la femme. Parce que pourquoi la femme est tant réprimée ?Parce qu’elle est puissante, je le crois !!!

 

Sache que je ne fais que partager un bout de comment je vois ma vie tout de suite, tout ce que je dis n’est pas à gober à la lettre près. Si tu veux témoigner, tu es la bienvenue en nous contactant ici. Si tu veux témoigner d’un « Se découvrir en tant que femme #2 » tu sais comment faire ! 😉

 

Christelle.

Manger et se faire manger

Manger.

Se faire bouffer.

Se faire ronger de l’intérieur.

Manger cher.

Ouais, manger, dans tous les sens du terme…

 

Ça a commencé par les émotions, un peu comme tout en fait. La source initiale, je l’ignore, mais dès très jeune je me transforme en sourire ambulant qui se retient de pleurer lorsqu’elle reçoit un ballon en pleine tronche dans la cour de récréation. Ou qui n’envoie pas chier car ça ferait trop kiffer l’autre. C’est un modèle très fort que j’ai eu. Mais aujourd’hui je ne suis plus en accord avec ça.

 

J’ai fait des tentatives :

J’ai pleuré dans ma chambre bébé, sans que l’on vienne près de moi jusqu’au moins je ferme l’œil.

J’ai dit des choses, tenté d’instaurer, d’initier… d’exprimer, sans que cela ne porte ses fruits.

J’ai écrit des lettres, et on m’a répondu « Tu écris bien »…

 

Je me suis supprimée, annulée, annihilée. Cancel, Christelle !!!

 

J’ai toujours eu, et j’ai encore, ce sentiment de devoir rééquilibrer le tout.

 

Mes parents dépensaient plus d’argent qu’ils disaient en avoir, pour nous nourrir, nous vêtir, nous faire plaisir. J’ai reculé devant ça, j’ai laissé les plus beaux fruits pour mes frères et soeurs. Et pour les fringues ou autres demandes, j’attendais d’être sûre à 100% et d’avoir vraiment besoin.

 

Et puis un jour j’ai boycotté. Toutes ces émotions inentendues, ces expressions réprimées, ces ignorances de mes sens, je… tout ça s’est retenu dans mon ventre. J’ai décidé alors de prendre ma vie en main, de gérer, de faire de mon mieux, de CONTRÔLER bordel de merde. Encore plus !

Alors mes assiettes sont devenues de plus en plus légères, mon corps se désagrégeait et puis… à l’intérieur de moi le poids était de taille, condensé, concentré, douloureux. Un poids émotionnel, un poids d’envies, un poids de vie, retenu de mes cris.

 

L’étincelle était toujours là. C’est pour cela que j’écris.

 

 

Je comprends soudain que je me rajoute un problème à régler, qui prend le dessus sur la cause principale… mais au moins on avait vu, on avait reconnu mon mal-être et, j’avais trouvé la force.

La force de dire vraiment ce que je voulais dire, et peut-être ainsi d’atteindre davantage de monde.

Et finalement, là n’était plus la question.

 

Ici je m’étais opposée, retenue, certes.

MAIS j’avais donné le pouvoir aux autres de m’éteindre. Je ne leur ai pas craché à la gueule, je n’ai pas fait de regard noir, je n’ai pas frappé, je n’ai pas grondé.

Non, à la place j’ai sombré, j’ai inquiété plus que je l’imaginais et j’ai plongé. J’ai compris à quel point le monde faisait de son mieux et je l’ai pardonné. Enfin je me suis fait bouffer quoi.

 

Et j’ai encore beaucoup de travail. Pour me remodeler, pour exister, être. Aujourd’hui.

 

Les gens ne devineront pas pour moi.

Fermer ma bouche est clairement égoïste.

J’ai des choses à dire.

J’ai ma place quoi qu’il advienne.

Vaille que vaille.

 

De toute façon sinon, autant m’exterminer totalement. Mais attendons encore un peu, parce que j’y crois, parce qu’il y a toujours de l’espoir, parce que l’étincelle je la sens, parce que des gens m’aiment pour de vrai, parce que merci, parce que j’ai déjà su tomber et me reveler.

 

Comprendre que mon corps est le récipient d’une âme qui fait clairement avancer le monde, qui choisit, qui avance… comprendre que les relations et la communication font grandir, s’épanouir, se réjouir enfin de vivre.

 

Oui, on me crachera sur la gueule dans les moments où je m’y attendrais le moins. On me chiera dessus sans pitié. Bien sûr qu’on m’en voudra, que moi aussi je m’en voudrais, que j’aurais mal. Même qu’y a des gens qui détruiront systématiquement ce pour quoi j’offre mon énergie pour bâtir. Peut-être même que parfois je tomberais encore plus bas que si je n’avais rien tenté. Évidemment je vais provoquer la création d’une meute de gens qui vont faire une association exprès contre moi, même qu’y aura la police en son sein ! Bien sûr, je me ferais même à nouveau dévorer par des gens, que pour compenser le tout je ferais des crises de boulimie et que mon corps les rejettera.. ou pas. Peut-être même que je vais devenir chauve et sans dent. Et que y aura une émission créée sur-mesure pour souder et réunir les gens qui ont comme rêve de me lancer des pics. Ouaaais. Et je me sentirais parfois totalement perdue, et j’aurais peur de parler aux inconnus, et j’aurais peur de revenir vers quelqu’un de connu. Et puis merde, si ça se trouve je vais encore mourir dix fois ! Que je vais arrêter de danser, de chanter, d’essayer. Pire encore… peut-être que je vais arrêter de croire, de penser, de réfléchir. Peut-être que je vais tout regretter. Je vais blesser, décevoir, vider tout mon stock de morves et d’eau salée. De sang, de salive, de sueur. Je serais essoufflée, je n’en pourrais plus, je retomberais encore plus bas, plus profond, dans plus de noir et de froideur… Peut-être que je vais tellement souffrir que je vais m’arracher volontairement un doigt et rigoler en même temps. Et peut-être que je vais dire à des gens des choses que je regretterais pour absolument tout ma vie et l’infini.. puis si ça se trouve, Tr **** ump va me violer.

 

Mais est-ce que tout ça, rien que ça, ça ne vaut pas à fond le fait d’avancer vers la vie de mes rêves ?????????!!!!!! Est-ce que tout cela ne vaut pas la libération et l’autonomie, les voyages magiques, l’apprentissage? Est-ce que ça ne vaut pas toutes les fois durant lesquels je serais tellement connectée à mes émotions que OUI je vais finir par m’aimer moi le plus au monde ? Est-ce que tout cela ne vaut pas cet alignage parfait vécu même UNE SEULE FOIS fois, où mes croyances, émotions et actions seront accordées. Non mais rien que ça en fait, ben ça vaut tout le rejet du monde entier, toute l’eau salée de mon corps, toute ma bile.

 

Et puis normalement j’aurais toujours de l’oxygène à disposition et quelques connexions neuronale, et un petit gramme de foi…

 

Christelle !

N’hésite pas toi aussi à nous partager où tu en es dans ton chemin de vie, tu peux pour cela nous contacter en cliquant ici. Ecrire t’aidera déjà toi et cela compte plus que tout. Ce site femmesenchemin.com est destiné àêtre un espace de partage, alors ose commenter tes ressentis car tout cela uni !

 

 

Conscience et Nourritures – Crédit Photo : Marie Guibouin

Avant j’étais anorexique

Crédit Photo : Marie Guibouin – Août 2015

 

Avant j’étais anorexique.

Enfin je n’étais pas que ça mais c’est une phrase suffisamment synthétique pour pour que tu captes rapidement de quel passage de ma vie je vais parler ici.

J’étais isolée. Je me sentais souvent seule, avec des problématiques que personne d’autre que moi pouvait avoir. Je pensais cela. Des problématiques internes que je ne partageais pas car elles n’allaient pas être écoutées, comprises ou simplement considérées comme légitimes.

Je me souviens très bien de ces moments où se battaient en moi-même tant de gens dans mon intérieur. C’était horrible. Je pèse mes mots. A un moment donné, ces gens n’ont plus de place en mon sein et… ils doivent sortir de mon corps.

A la place, durant un temps, comme je ne les libérais pas, alors ils ont pris l’emprise de moi. Ils m’ont attaqué, comme on est envahi par un virus. Cela va très vite, très très vite.

J’étais dans une période où mon mental me menait à une vie dans laquelle j’avais la persuasion de tout contrôler. C’était fascinant ! Mais j’apprends que ceci n’est pas possible…

Pour les détails : j’étais stricte sur mes heures de sommeil et de repas. Pas exigeante ou attentive, non, stricte et même rigide. Je bossais beaucoup mes devoirs de lycée, j’écrivais seule dans ma chambre sur des cahiers mes pensées, et je pleurais en cachette -ou dans des bras !- ce que je n’avais pas verbalisé.

Mes journées, dans les faits, se ressemblaient beaucoup.

 

Aujourd’hui, pourtant dans un état similaire, voire plus extrême au niveaux des gens dans ma tête (c’est-à-dire les croyances qui me gouvernent mais que je ne sens pas légitime de partager, de communiquer), j’ai plutôt ma vie dans un bordel désorganisé et désastreux.

Alors que durant ma période d’anorexie j’étais assidue sur les heures, motivée à sortir de mon lit très tôt pour petit déjeuner tôt et donc espacer mes repas à merveille (j’avais peur de ne pas avoir faim pour le prochain, entre autres), aujourd’hui j’ai du mal à m’endormir et à sortir de mon lit. Toute action, même banale, me demande un effort complètement démesuré. C’est très humiliant pour moi de partager cela.

Du coup je fais le chemin inverse : je m’impose des horaires de sommeil. Je dois être levée à 6H la semaine, pour m’endormir plus tôt le soir sans traîner et m’éviter par tous les moyens possibles et inimaginables… et épuisants, franchement.

 

Marie m’a demandé comment j’ai fait pour sortir de l’anorexie. J’ai déjà écrit ici que l’anorexie est le nom pour déterminer le trouble comportemental face à la nourriture et à son corps. Je répondrais à sa question parce qu’effectivement je me suis sortie de ces troubles, et de l’état physiologique dangereux de mon corps, de ma santé mentale, de ma sociabilité, etc. Enfin ça va quoi, je me retrouve plus, seule dans mon monde à compter les petits pois de mon assiette si tu veux.

Mais mon anorexie à moi (je précise car chacun est différent) n’était en fait qu’un balaise de symptôme d’un mal-être déjà présent de ouf.

C’était pour dire « je sature ». C’était pour dire « puisque vous ne me comprenez pas avec les mots, qu’ils soient parlés ou écrits, alors je vais vous le dire avec mon corps », c’était pour dire « je suis ». Et c’était pour dire aussi « je ne vous suis pas et vous me faites chier 🙂 ». L’anorexie est réellement un piège et ce n’est pas drôle. Si tu as vécu quelque chose de similaire, même si ce n’est pas un trouble du comportement alimentaire, et que tu souhaites en parler ici, franchement contacte-nous, ton témoignage peut être anonyme si tu le souhaites. En fait nous partons du principe qu’écrire sur soi permet de s’aider soi-même, et également les lectreur/ices, à poser des mots qu’ils ne parviennent pas à trouver sur leur état.

 

Je travaille aujourd’hui à m’exprimer et ce n’est pas un travail facile. Par expérience, je sais par contre que c’est si dévastateur de se priver de cela, qu’au long terme c’est plus difficile, voire mortel. J’encourage la pensée qu’il doit y avoir autant de corps que de vies (au moins!), donc nous qui sommes ici, vivons du mieux que nous pouvons 🙂 Exprimons-nous le plus possible et le plus vrai possible.

 

Merci à toi de m’avoir lue !! A bientôt !

Christelle.